18.9.12

Real-City: Sweet Europe vous dit bonjour!


Et enfin ! Retour des frissons accompagnant le divin retentissement de l’hymne de la Champions League. Pour les supporters du Real, la brèche européenne est doublement attendue, au vu du début catastrophique que sont entrain de réaliser les ouailles de Mourinho.

Le temps d’un match, exit la frustration de samedi au Pizjuan, les 8 points derrière le Barça et aussi les grimaces de Ronaldo. Cette année, le Real jouera une phase de poule digne de sa majesté aux grandes oreilles. Il n’y aura ni Steaua Bucarest ni Dynamo Zagreb (avec toute l’affection que je peux avoir pour les deux). Le tirage du 30 août a choisi de joindre au Real les champions d’Angleterre, d’Allemagne et des Pays-Bas. Premier match : Manchester City au Bernabeù !

Les Noisy neighbours de Sir Alex ne passeront plus sans bruit

Javi Garcia a marqué lors de sa 1ère apparition contre Stoke
La saison dernière, pour leur retour en C1, les Citizens n’ont pas été mieux lotis. Trébuchants face au Bayern puis tremblants face aux valeureux napolitains, les Skyblues ont quitté prématurément la compétition, à la surprise générale. Celui qui incarnera le plus cette débâcle reste à coup sûr Carlos Tévez. Refusant de rentrer en jeu alors que son équipe perdait 2-0 à l’Allianz Arena, il effectue depuis une longue traversée de désert avant de rejouer six mois plus tard, le 21 mars contre Chelsea. La suite est nettement plus glorieuse, à la fois pour City et Tévez, titulaire lors de la ligne droite vers un historique titre de champion d’Angleterre.

Depuis quelques semaines, la saison a repris sur les mêmes fondements à l’Etihad Stadium. D’autres recrues sont venues renforcer l’effectif déjà pléthorique à disposition de Mancini. Samedi contre Stoke, Sinclair (ex-Swansea), Maicon (ex-Inter) et surtout l’ex-madridista Javi Garcia ont été alignés dès l’entame du match. Ce dernier, conscient du sort réservé aux jeunes de la Fabrica madrilène, s’était très tôt exilé à Benfica où il n’a pas tardé à s’illustrer. Contre Stoke, Javi Garcia a savamment couvert les montées hystériques du tout-terrain Yaya Touré. Malgré sa bonne prestation, le madrilène aura fort à faire durant la saison face à la concurrence de Rodwell et d’un certain… Gareth Barry !

Le Real en quête d’un deuxième électrochoc

Au Bernabeù, Maicon garde des souvenirs de la tribune
Car il y a eu un premier électrochoc, et pas des moindres. Tous affirmaient que la saison madrilène a été lancée à l’issue du match retour de la Super Coupe d’Espagne, un match transcendant où les joueurs semblaient déjà atteindre leur pic de forme. Mais depuis, le Real a encore sombré, si l’on excepte la terne parenthèse face à Grenade.

Mourinho, décidé à ne pas ranger sa langue dans sa poche, dit tout haut ce que les observateurs osent à peine chuchoter. Il pointe en conférence de presse le degré de motivation des champions d’Espagne en titre. Virevoltants face à Barcelone, ils paraissent à peine concernés lors des premiers matchs de la Liga. Le passage à la caisse est immédiat : 8 points de retard sur Barcelone et un titre plus que compromis.

Reste une certitude : il n’y aura point de souci de motivation ce soir. Tévez et Dzeko ont atteint une complicité effrayante. Derrière eux, l’entente Silva-Touré n’est plus à présenter. Maicon tentera de se rappeler de son beau souvenir madrilène ce soir où il souleva la Grande Coupe, il y a 2 ans. Face à ce beau monde, Mourinho alignera vraisemblablement Modric pour assurer un maximum de verticalité dans le jeu madrilène. Défensivement, on ne s’étonnera pas si le Mou arrive à sortir Essien des oubliettes pour contrer l’impact physique qu’imposera à priori Mancini. Sans oublier que le Kun a fait le voyage à Madrid. Absent depuis l’entame de la saison, Agüero tiendrait à retrouver ses sensations espagnoles sur un stade qui ne lui avait pas tant réussi que ça. Alléchante la soirée, non ?

30.8.12

Le clasico qui en valait cent!


Fierté. Maître-mot de la soirée du côté de Bernabeù. Le frissonnant spectacle des 80 000 drapeaux blancs agités fiévreusement à quelques secondes du match est très évocateur. Le madridisme avait besoin, au-delà de la victoire, d’une démonstration d’abnégation de la part de joueurs paraissant lamentablement suffisants en ce début de saison. Et Dieu, on a été servi !

La folle entame !

La couleur est annoncée dès le début. Comme il y a un an en aller de la Supercoupe, les merengues sont chauffés à blanc. Di Maria, Özil et Higuain y vont de leur pressing fou. Sauf que cette fois, les catalans tardent à calmer les ardeurs adverses. Dès qu’ils franchissent le premier rideau madrilène, Busquets et consort se heurtent à la paire Alonso-Khedira, placée anormalement aux abords du dernier quart du terrain barcelonais. Les récupérations se multiplient, Higuain reçoit le gonfle dans la surface, enchaîne et lâche une frappe bien molle dans les mains de Valdès. Quelques minutes plus tard, alors que les blaugranas commençaient à grignoter quelques mètres, l’inéluctable se produit. Long ballon en cloche vers Higuain délaissé par Mascherano, Pipita ne tremble heureusement pas en la mettant au fond. Poussés par la fougue d’un stade déchaîné, continuent leurs enchaînements. Marcelo et Di Maria se régalent sur leurs lignes de touche, tout en récupérant la possession aussitôt qu’ils la perdent. Mais c’est par un autre long ballon que Madrid creusera son petit trou. Messi se troue sur un de ces premiers ballons. Khedira récupère et balance devant. A la chute du ballon, deux hommes, Ronaldo et Piqué. D’un imprévisible lob du talon, CR7 lâche son éternel vis-à-vis. Blocage hasardeux par la suite, mais c’était écrit. Ronaldo doit inscrire ce 5ème but consécutif en autant de clasicos. Le pauvre Valdès dévie, mais dans ses filets.

Ah… ce rouge.

Que faire ? Temporiser ou enfoncer ? Croire en ce fou espoir d’une manita de revanche ou appréhender un retournement de situation des catalans ? Les joueurs de Madrid ne semblent pas se poser les mêmes questions que ces névrosés de supporters, ils sont sur un nuage. Mascherano prend un jaune après un écran sur Di Maria et dans la foulée, Ronaldo échappe à Adriano et n’entrevoit que le pauvre Valdès. Le latéral brésilien choisit en un brin de seconde de ceinturer le portugais. Vaut mieux prendre un rouge qu’un 3-0 à la demi-heure de jeu, a-t’il probablement jugé.
Et vint alors ce rouge… Ce petit détail qui oblige une équipe victorieuse à changer quelque chose alors qu’elle veut juste que rien ne change là-haut dans son petit nuage. Vilanova sort dans la foulée Alexis pour rétablir sa ligne défensive avec le jeune Montoya. L’espace de quelques minutes, on aurait pu croire qu’El Heredero puisse renouer avec la folle défense à 3 de son mentor.
Ce fait de jeu refroidit paradoxalement les ardeurs qui planaient jusque là sur le Bernabeù. Madrid baisse d’un cran et Busquets tisse sa toile. Messi touche quelques ballons avant de décrocher son petit sésame. Un coup franc placé au centre, à 25 mètres. Casillas place un frileux mur que la Pulga perce d’une magistrale frappe enroulée. Depuis 2005 et Ronaldinho, le Barça n’avait plus marqué sur coup de pied arrêté dans les face-à-face avec le Real. Le match est relancé alors que M. Lahoz indique le chemin des vestiaires au beau monde sur le terrain.

Western spaghetti

Elle fût longue cette mi-temps. Quand on imagine déjà Barcelone recoller au score, plantant des madrilènes cramés avant de marquer un troisième but sur contre à la dernière minute. Dur d’imaginer ces moqueries qui ne tarderont à fuser, ces louanges envers un Barça remontant 2 buts avec infériorité numérique. Et puis surtout, un Barça célébrant la coupe dans un triste Cha Martin.
Les doutes ne se dissiperont pas aussitôt. Ils ne se dissiperont qu’au sifflet final. Mais entre temps, les joueurs de Mourinho ont marqué plein de pauvres existences par leur heureuse empreinte. Fougue, maîtrise, tacles enragés et délicieuses phases offensives que le damné d’Higuain a préféré de ne pas concrétiser. La seconde période ressemblait à ces duels mexicains des westerns spaghettis. Chacun pointait son pistolet sur le front de l’autre. L’odeur de la mort fuse et submerge le stade à chaque attaque, d’un côté puis de l’autre. Song fait son baptême, suivi de Modric. Le petit lutin croate aide ces coéquipiers à gagner de précieuses secondes en ces moments où les secondes semblent comme par magie durer de longues heures. A 30 secondes du sifflet, les aficionados veulent y croire, ils brandissent leurs drapeaux et se lèvent de leurs sièges douillets. Non, vamos a ganar cette fois, c’est la nôtre. Ce fût effectivement la nôtre. Mourinho a reproduit son Inter-Barça d’antan et continue son chef-d’œuvre avec la troisième coupe sur trois décernés sur le sol espagnol. Le regard est désormais tourné à l’autre, la salope aux grandes oreilles. 

23.8.12

[Foot-Fiction] La Liga comme vous ne la verrez - malheureusement - jamais! (Partie 1)


La Liga a commencé le weekend dernier. Peu importe, ça ne compte pas. Tout le monde le sait en Espagne et ailleurs, la saison commence avec la Supercoupe. N’en déplaise à la LFP et la Fédération espagnole.

Samedi, 19h40 heure espagnole. Valence égalise par le biais d’un coup-franc de Tino Costa. Pour cause, une sortie hasardeuse de Casillas qui de surcroît fracasse le crâne du brave et valeureux Pepe. Quelques minutes après, à la rentrée des vestiaires, un médecin du staff madrilène veut s’assurer du bandage du portugais quand ce dernier l’interpelle : Qui ? Moi je m’appelle Pablo. Qu’est ce que je fous ici ? D’urgence, le pauvre défenseur est embarqué à l’hôpital. Première conséquence, le roc laissera un trou lors du classico de jeudi.

4 jours plus tard, Mourinho fait rentrer le balbutiant Albiol à côté de Ramos au centre de la défense. Les blaugranas, sur la lignée de leur match contre Sociedad (5-1), enchaînent de la plus impitoyable des manières. Arbeloa, Ramos et surtout le pauvre Albiol souffrent le martyr face à ceux qu’ils côtoyaient il y a quelques semaines au moment de gagner l’Euro à Kiev. Seul Coentrão surnage, mais Cristiano ne lui fait presque aucun appel de balle. Déjà face à Valence, il a peiné à finir le match. A la 83ème minute, Song, déjà qualifié, effectue son baptême de feu. Frappe molle mais déviée par le damné d’Albiol. Tito gratte un peu son œil en regardant du côté de Mourinho. Score final : 4-0.


Appelez le Pablo!

Le lendemain, Florentino passe ses coups de fil outre-manche et fait savoir qu’il ne négocie plus pour Modric. Ce sera 40 sonnants et trébuchants millions d’euros pour que le Mozart croate prenne le premier avion destination Barajas. Samedi, le petit Luca n’est pas le seul à rejoindre les entraînements du Mou. Un défenseur discret fait son apparition à Valdebebas. Il est sonné et répond au doux nom de Pablo. Il s’agit de l’ultime coup de génie du Presidente : en rendant visite à l’hôpital au défenseur portugais qu’il avait acheté à 30 millions, Florentino voit son colosse insister sur le fait qu’il s’appelait Pablo, depuis tout le temps. Au lieu d’annoncer la nouvelle de l’amnésie de Pepe à la presse, en faire une effigie et préparer le jubilé, le magnat de l’immobilier pense avoir une meilleure idée. « Pepe a changé, il est devenu plus calme après son choc. Il est conscient qu’il revient de loin. C’est une deuxième vie qu’il entame. Il a préféré de se rebaptiser Pablo pour cette nouvelle étape de sa vie. Notre joueur s’abstient de donner toute déclaration. Prière de respecter la vie privée de notre défenseur Pablo ». La déroute du jeudi est oubliée, l’opération de com’ est réussie, reste celle du fric. L’ordre est donné à l’équipementier d’imprimer le nom de Pablo sur 2 millions de tenues. La livraison est écoulée avant même le match retour de la Supercoupe.

Mercredi. Le Bernabeù est parcouru d’un mélange de peur et d’intrigue. Premiers assauts catalans. Messi ne passe pas, voilà deux fois qu’il se fait subtiliser le ballon proprement par le ressuscité Pablo. Ce dernier dribble le lutin argentin et relance proprement Xabi dans la foulée. Stupeur au Cha Martin. Les barcelonais n’en reviennent plus et pressent encore plus haut que d’habitude. Xabi, réconforté à l’idée de ne plus voir Khedira à ses côtés, délivre une passe à Modric. Le croate passe comme un fil dans l’aiguille entre Busquets et Xavi et lance un Cristiano affranchi. La scène se répète deux, puis trois fois et Guardiola n’a toujours pas répondu aux SMS que Tito lui a envoyés à la mi-temps. Heureusement pour lui, l’arbitre siffle la fin sur une transversale de Higuain alors que le panneau d’affichage arborait le score de 3-0. Les catalans, abasourdis, oublient même de chercher la coupe. La saison est enfin lancée… 

6.7.12

Le calice jusqu'à la lie (Italie 0-4 Espagne)


« Je hais les dimanches », chantent Raphaël, Edith Piaf et tous ceux que hante la peur du lundi. Pourtant, le dimanche 24, Pirlo avait, à lui seul, su teinter de douceur une de ces soirées dominicales comme d’aucun ne les porte spécialement dans son cœur. Le dimanche d’après, le chemin retour du café se fait tête basse. Ces enfoirés d’espagnols ont gâché la fête. Ils ricanent là de leurs voix stridentes alors qu’une nouvelle semaine pointe le nez. Non, cette fois, le foot n’a pas été magique.

Au coup d’envoi, tiraillement entre cœur et raison. Si l’on ne se tient qu’à la dernière, les allemands auraient été mieux placés pour subtiliser le titre aux espagnols. Le cœur, lui, croit en l’Italie. Celui de Buffon devait battre la chamade au moment où sa voix couvre littéralement celle de l’orchestre jouant Fratelli d’Italia.

Il y a trois semaines, un dimanche encore, les italiens avaient su tenir tête aux tenants du titre. Prandelli avait aligné un 3-5-2 qui avait étouffé la mise en place du jeu espagnol. Blessures, fatigue et autres aléas ont poussé depuis  le stratège italien à revenir à un 4 -4 -2 plus ‘rationnel’. En face, Del Bosque n’avait qu’une seule petite hésitation au niveau de la pointe de l’attaque, si pointe il y a. Commençant le tournoi avec un Fabregas en guise de faux neuf, Vincent Dubois a depuis fait appel à Torres ou encore Negredo, pour enfin revenir à l’option Fabregas à l’heure d’aborder la troisième finale consécutive de l’Espagne dans une compétition majeure.

Je ne pouvais pas supporter une nouvelle victoire des nains de jardin, non. Ces dictateurs de la possession savent garder le ballon, je le concède. Mais que ce soit en Afrique du Sud ou en Polognukraine, cette possession s’exerçait de plus en plus au milieu du terrain, avec de plus en plus de foutues passes en retrait. Face à l’Irlande, on criait au génie. En plus de m’être ennuyé, j’étais irrité de voir les champions du monde s’échanger de très courtes et interminables passes près de la ligne de touche, alors qu’ils menaient 4-0. Ce n’était pas de l’économie d’énergie, mais bel et bien un sadisme footballistique dans ses plus cruelles expressions.

Dimanche dernier, les 6 milieux espagnols ont pu avoir raison du joli diamant italien. Alors que les portugais avait opté pour un marquage individuel où même Busquets s’est trouvé avec un vis-à-vis, les hommes de Prandelli avaient reconduit la même stratégie adoptée face aux teutons. Mais Pirlo n’avait pas la même marge de manœuvre habituelle, butant toujours sur un Xavi comme ressuscité. Le virtuose barisien a du coup joué plus bas, sans pouvoir distiller de longues passes telles qu’il a pu délivrer tout au long du tournoi. Ceci étant dit, Marchisio et Montolivo ont pu faire parvenir plusieurs ballons à l’attaque transalpine, dérangeant sensiblement le désormais fébrile Piqué.

Constatant que cette finale ne sera pas la fête de la possession face à des azzurri accrocheurs, Xabi Alonso prend les choses en main. Le docteur ès ‘transversales et changements d’aile’ s’est occupé de rappeler qu’il ne faut pas nécessairement 50 passes pour arriver à la zone adverse. Longue passe vers Fabregas, Chiellini dans le vent. Cesc passe le ballon en retrait sur la tête croisée d’un Silva à l’apogée de sa carrière. L’Espagne ouvre le score après… seulement 36 secondes de possession.

Les italiens, qui n’avaient jamais été menés au score dans cet Euro,  viennent d’encaisser un but en finale. Et y’a-t-il pire que d’être menés au score par les espagnols ? Privation de ballon, passe à 10, provocation, recherche du but égalisateur, dégarnison des lignes arrière, accélération, passe assassine et break. Le second but de Jordi Alba était écrit d’avance, même si la squadra s’est créée de franches occasions toutes annihilées par Casillas. Là encore, le but du néo-culé trahit les fondamentaux de la tiki-taka : 4 passes pour seulement 13 secondes de possession.
 
La seconde mi-temps est un non lieu du foot, surtout après l’épisode Motta. Rentré à la 60ème minute à la place de Montolivo, il s’agit du dernier pion que lance Prandelli dans le champ de la bataille. Deux petites minutes plus tard, le joueur du PSG se tord de douleur suite à ce qui semble être une élongation musculaire. A 10, fatigués, lessivés, menés à 2-0, les ritals subissent la dure loi espagnole. ‘Tu souffriras, tu souffriras. Tu verrais le ballon circuler lentement entre Alonso et Busquets, puis Xaxi, et au moment où tu placeras ta petite course courageuse, retour à l’expéditeur entre les bois. Puis Casillas, à Ramos, à Piqué,… Tu boiras le calice jusqu’à la lie’. Heureusement pour les vaincus du jour, tous les bourreaux ne sont pas cruels. Torres et Mata achèvent dès leur rentrée la victime du jour alors que Casillas presse M. Proença de mettre fin au supplice.

Le foot tient son super-champion. Tant pis s’il n’a rien de chevaleresque. La presse porte l’Espagne aux cieux, et les gens s’auto-congratulent d’avoir pu regarder en live celle qu’ils nomment désormais unanimement meilleure sélection de l’histoire.  Un si joli Euro aurait pourtant mérité une bien moins triste issue.   





 Bonus track : 


Raphaël - Je hais les dimanches (Pacific 131)

1.7.12

Fratelli d'Italia!


Le patriotisme me fait peur. Mais celui des Italiens m’emplit de frissons. Fratelli d’Italia, tout un symbole. Les 11 joueurs qui s’étaient entrelacés jeudi soir au premier retentissement de l’hymne italien donnaient l’impression d’être des frères, de vrais. Tous chantaient au mot près, et au moment où la caméra fait son plan sur Buffon, le capitaine, on n’entend plus que lui, de sa voix ferme et belle.

De l’autre côté, la tension est nettement plus basse. L’hymne allemand n’est pas dégueulasse, mais il ne génère pourtant que quelques grimaces et ricanements sur les bouts de lèvres des joueurs teutons. A l’exception de Neuer, Schweinsteiger ou encore Lahm, l’épisode de l’hymne n’avait rien de transcendant. Et si les joueurs allemands n’étaient finalement pas d’authentiques 11 Freunde* ?

Löw en est à sa deuxième demi-finale contre les ritals. En 2006, il était encore adjoint de Klinsmann et constatait gentiment depuis le banc la frappe enroulée de Grosso suivie du lob assassin de Del Piero. 6 ans plus tard, sa Mannschaft est plus forte que jamais. Encensée de tous bords, symbole d’un renouveau allemand par le beau jeu, Coach Joachim abordait ce match dans une toute autre stature que celle arborée en 2006 au WestwalenStadion de Dortmund. Sauf que, sauf que. Löw s’est dit que c’était l’Italie, et qu’on n’affronte pas la Squadra comme on joue le reste de l’Europe.

A l’annonce des onze titulaires allemands, Kroos fait son irruption dans l’entrejeu central. Sachant que ce dernier compte déjà un trio Khedira-Schweinsteiger-Özil, il était clair que l’idée derrière ce renforcement était un marquage plus étouffant sur Pirlo, le faiseur de la nuit et du jour italiens.

Dès le début du match, les cartes se sont brouillées. Kroos et Özil se marchent sur les pieds, ce qui force le deuxième à décaler son positionnement un peu plus vers la droite. De son côté, Prandelli alignaient deux anomalies sur les deux côtés de la défense, Balzaretti à droite et Chiellini à gauche. Les allemands profitent de ce no-man’s land tactique du début de match pour placer quelques attaques, notamment du côté de Chiellini. Sur un centre en retrait de Boateng, Buffon a notamment échappé de peu à un but csc suite à une mésentente avec Barzagli.

Et le jour se leva. Pirlo est aux commandes. Özil repique au centre pour essayer de marquer le Mozart italien. D’une lenteur divine, San Andrea repousse le germano-turc et lève la tête. Le côté gauche est déserté par les allemands. Une beauté de ballon arrive chez Chiellini, vite soutenu par Cassano. Boateng appelle Hummels au renfort, mais le talent du Fantonino suffit pour prendre à contre pied les deux et servir un centre parfait. Devant le but, Badstuber est trop fragile pour enrayer la détente de Balotelli. 1-0.

Sonnés, les allemands n’en reviennent pas. Ils n’ont jamais été dans une telle situation depuis le début de l’Euro. Telle une machine, quand ça va, rien ne lui résiste et les mécanismes se déroulent à merveille. Mais au moindre grain de sable, les pièces maîtresses se désolidarisent, condamnant la machine à la panne. A l’opposée, les italiens ont presque besoin de ces grains de sable pour se transcender. Les Fratelli menés par un padrino affectueux ont souvent trouvé la source de leur motivation dans ces moments difficiles. Des moments que même le capitaine Lahm n’arrive pas à gérer, se laissant tromper par la course d’un Balotelli en ébullition. Tir violent, Neuer tend timidement la main et regarde la ballon s’installant tout en haut de son petit filet.

Le reste du match est un délice pour les joueurs de Prandelli, dégoûtant des allemands complètement à la rue. Sur quelques contres assassins, Di Natale et Diamanti aurait bien pu alourdir l’addition et épargner au peuple de la Botte les quelques frayeurs qui ont suivi le pénalty d’Özil à la 91ème minute.

Dimanche, face à des Espagnols dont le patriotisme n’est pas le point fort, le supplément d’âme des Italiens serait, avec Pirlo et Buffon, l’un de leurs principaux atouts. Forza Italia !



* '11 Amis' .Du nom d'un mensuel allemand consacré au foot. La publication tire son nom du livre de tactique de football de Sammy Drechsel, selon lequel 'si vous voulez gagner, vous devez être onze amis' 

Histoire de poteaux...


Ce fût finalement une histoire de poteaux. Certains rentrants, d’autres sortants. Les dieux du foot ont voulu que le tir au but de Fabregas soit concluant malgré ce ballon mou s’écrasant sur le poteau droit de Rui Patricio. Juste avant, le tir de Bruno Alves est beau, imparable mais sur la transversale. L’Espagne, sans brio, est en finale.

Le Portugal avait pourtant chamboulé toutes les prévisions. Pas de possession barcelonista de la part des espagnols, qui ont à peine culminé à 57% à la fin des prolongations.  Les responsables sont à chercher dans l’entre-jeu lusitanien : le trident Meireles-Moutinho-Veloso a étouffé la connexion entre les deux sentinelles Busquets-Alonso et leur meneur Xavi. L’autre anomalie se situait dans l’attaque espagnole. Del Bosque, dans son interminable quête du n°9 parfait, a choisi d’aligner Alvaro Negredo en avant-centre. Face aux distances réduites laissées par le marquage serré des milieux portugais, le monde du football a enfin vu l’Espagne ébranler son sacro-saint ras-de-terre en balançant de longs ballons vers l’attaquant du FC Séville.

Bento a donc réussi là où Prandelli et Bilic l’ont précédé. Par contre, il a des armes de plus. Si le pressing haut du bloc portugais arrivait à faire parvenir le gonfle à Cristiano ou Nani, l’œuvre serait complète. Tant bien que mal, Moutinho et Meireles ont pu provoquer quelques courses des deux MVP. Si Nani n’était définitivement pas dans son meilleur jour, CR7 n’a jamais eu ce dernier mouvement concluant, notamment à 89ème minute où son pied gauche dévisse un tir qui aurait envoyé les espagnols à la casa.

Les prolongations allaient être synonymes de souffrance pour les descendants d’Eusebio. D’autant plus que, émoussés, Veloso et Meireles ont dû céder leurs places à Custudio et Varela. Fragilisé, l’entrejeu lusitanien va exploser avec les entrées des fusées Pedro et Navas, accouplées au replacement de Fabregas dans sa nouvelle position de false nine. L’Espagne finit la rencontre sur les chapeaux de roue devant des portugais de plus en plus poussifs. Les tirs au but sont somme toute l’issue la plus équitable à la rencontre.

Xabi Alonso, tireur attitré de la Roja, est désigné comme premier tireur. Coup de théâtre, Rui Patricio repousse. San Iker relance dans la foulée sa sélection en s’emparant au tir croisé de Moutinho. Pepe marque. Ramos surmonte le syndrome Neuer avec une panenka hésitante. Nani prend en contrepied Casillas. Piqué continue le sans-faute des défenseurs. Un sans-faute qui prendra fin avec ce tir violent de Bruno Alves, repoussé par la transversale. Fabregas a le destin de la Roja entre les mains. L’ex-capitaine d’Arsenal n’en est pas à son premier péno. Il tremble un peu. Son ballon, un peu écrasé, rebondit sur le gazon de Donetsk avant croiser le poteau droit. Intervention divine, le ballon file dedans. Cristiano n’aura pas son tir au but, ni son 1er titre majeur avec la selecção. A 27 ans, la prochaine coupe du monde serait vraisemblablement la dernière occasion pour lui d’offrir au peuple portugais un premier succès international. C’est tout le mal que je peux lui souhaiter.

Mes Portugal-Espagne :

20 Juin 2004 (Euro 2004) : L’Euro à la maison ! Le Portugal avait déjà succombé à la pression lors du match d’ouverture, butant sur ces embêtants grecs. Après s’être resaisis face aux russes, les hommes de Luiz Felipe Scolari doivent décrocher leur qualification face aux voisins. Une vrai galère ce match, avec un stress insoutenable. Nuno Gomez avait marqué le but suite auquel le Portugal vit probablement son match le plus long. A rappeler que la Roja était entraînée à l’époque par un certain Iñaki Saez, et que l’équipe comptait encore les Joaquin et Salgado. Une autre époque.

29 Juin 2010 (CDM 2010) : Après une phase de groupe mitigée où les Portugais ont dû leur salut à une grande victoire face aux coréens du nord, l’heure était aux huitièmes de finales. Les Espagnols avaient pris leur vitesse de croisière après des débuts catastrophiques face aux suisses. Carlos Queiroz n’avait que Cristiano comme atout offensif, et se contentait de bétonner derrière avec Tiago et Pepe au milieu. Malgré un brave pressing des lusitaniens, il était écrit quelque part que c’est l’Espagne qui va passer. La délivrance viendra quelques minutes avant le sifflet final. Je me rappelle amèrement que Xavi était hors-jeu, mais pour tout le monde autour, ce n’était qu’un petit détail. Ronaldo quitte le Mondial sur un gros crachat devant les caméras. Deux semaines plus tard, l’Espagne réalise son doublé.

17 Novembre 2010 : Estadio da Luz. Un match qui n’a d’amical que le nom. Le peuple portugais crie à la revanche et Paulo Bento, fraîchement désigné sélectionneur, tient son baptême de feu. La selecção joue avec le maillot extérieur même si elle joue à la maison, comme pour reproduire les mêmes conditions du huitième de finale de Cape Town. Cristiano, chauffé à blanc, a pris le soin de se coiffer en matador. Au café, on regardait le premier match d’Eric Gerets à la tête du Mountakhab à Belfast. A la fin du match, on zappe vers une des chaînes d’Al Jazeera. Cristiano prend le ballon sur l’aile, s’incruste, envoie Piqué à El Jadida * puis lobe Casillas dans la foulée. But de l’année ? Non. Nani pousse le ballon de la tête alors qu’il est hors jeu au départ de l’action, laissant CR7 au bord de la dépression. Le show continue. 4-0 au final. L’honneur est plus que sauf. 

* Suite au match, une montage vidéo a fait son apparition sur les réseaux sociaux. Le crochet de Cristiano sur fond d'une chanson populaire marocaine 'Eh toi qui va à El Jadida, emmène-moi avec toi'. Délice. Sauf que quelques jours plus tard, Piqué écarte les doigts de sa main envers le public du Nou Camp. Madrid et Cristiano subissaient une dure manita. 


13.6.12

1ère journée Euro 2012 : The Récap'


Pour tout fan de foot qui se respecte, le mois de Juin est un mois qu’on vénère. Sauf peut-être pendant les inutiles années impaires. Chaque juin a sa saveur, sa particularité. Celui d’une coupe du monde est un grand festin, une énorme kermesse où (presque) tout le monde est invité. Celui d’une coupe d’Europe, comme le présent juin 2012, est plus intimiste. Le plaisir y est donc plus intense pour un mordu du satané gonfle rond.

La version 2012 de l’Euro a lieu en Polognukraine. De prime abord, attribuer l’organisation à ces deux pays n’est pas une très bonne idée. C’est vrai, les valeureux européens de l’Est finissent in-extremis les travaux poussés par un Platini râleur (comme s’il n’était pas prévenu). Le problème ne se situe pas là. Pologne + Ukraine qualifiés d’office, ça rime avec deux places de moins pour des sélections plus fortes. J’ai une pensée particulière à cette Turquie qui nous a fait vibrer en 2008, la génération pétillante dont dispose la Serbie à l’heure actuelle, cette formidable équipe belge, ou encore les Suisses d’Hitzfeld qui viennent de corriger la Mannschaft en amical il y a quelques jours.
Qu’à cela ne tienne ! L’Euro garde toute sa splendeur. En quatre petits jours, tous les grands d’Europe font leur entrée en matière. France-Angleterre, Espagne-Italie et Portugal-Allemagne se jouent lors de la première journée, alors qu’il faut attendre au moins deux bonnes petites semaines en coupe du monde pour s’offrir une de ces affiches alléchantes.

La Pologne tend les bras à l'Europe, La Russie intimide

Après le Panenka, on a droit à des Robben
Vendredi. 17h17. Premier frisson. Oui, un vrai frisson pour un Pologne-Grèce. Piszczek tend un délice de centre et Lewandowski ne refuse pas l’offrande. Le Stade national de Varsovie avait pris les airs d’un Signal Iduna Park le temps d’une combinaison à yeux clos. Les Grecs aiment les épopées, et se mettent donc volontairement en difficulté. L’expulsion de Sokratis et la blessure de Papadopoulos ont rendu plus belle encore l’égalisation de Salpingdis, cinq minutes après son entrée en jeu. Tragédie en cours. Le même Salpingdis provoque l’expulsion du portier polonais Szczęsny. Son suppléant, le jeune Tytoń, implore les dieux du stade pour son baptême de feu. Karagounis fait une Robben. Prière exaucée. Le caméraman montre dans la foulée Szczęsny jubilant devant l’écran des vestiaires. L’Euro est si bon.
Une quarantaine de minutes plus tard, les russes avaient pour mission d’annihiler tout espoir de printemps de Prague. Arshavin, en véritable tsar, mène ses rouges vers un 4-1 ne souffrant d’aucune contestation. Ceux qui ont vu le match retiendront la prestation d’un certain Václav Pilař, atypique droitier au centre de gravité très en bas. Il fera le bonheur du VFL Wolfsburg l’année prochaine.

Un samedi comme il n'y en a pas deux

Le samedi s’annonce beau, avec un menu copieux pour tous ceux qui respirent foot. Comme si le groupe de la mort à lui seul ne suffisait pas, le Brésil défie l’Argentine au New Jersey et le Maroc joue sa survie face aux ivoiriens. Les bataves étaient chargés de lancer les hostilités face à des danois en posture de parfaits lièvres de course. Après une entame de match où la réussite leur a tourné le dos, les hommes de Van Marwijk ont logiquement été pris à contre pied par Krohn-Dehli, attaquant de Brondby. La suite est un concert d’improbables maladresses néerlandaises, dont la palme d’or revient à un Van Persie en étouffante concurrence avec Klaas Jan-Huntelaar.

Gomez a finalement justifié sa titularisation
Allemands et Portugais se regardent dans les yeux, tant ce 1-0 danois brouille les cartes de ce groupe B. A l’heure de s’expliquer sur l’Arena de Lviv, les deux équipes fournissent un match si intense que ça a fini par déteindre sur la justesse technique des 22 protagonistes. Ceci dit, les teutons maîtrisent leur sujet et développent leur jeu face à des lusitaniens attentistes face au rouleau-compresseur allemand. Le trio Veloso-Moutinho-Meireles défend certes bien, mais la transmission vers les avant-postes laisse à désirer. Bento n’a surtout pas trouvé un avant-centre digne de la seleçcão. Quelqu’un qui, comme Mario Gomez, peut peser sur les défenses et marquer son but de la soirée. Le Portugal essaie de recoller au score mais Neuer dégoute Ronaldo, comme il y a quelques semaines en demis de la C1.

L'Italie rappel à l'ordre, Bilic y va de son solo

Vieux briscard, Di Natale ne rate pas sa 1ère occasion
Le lendemain, les yeux se sont tournés vers Gdansk. Les deux derniers champions du monde entament leur coupe d’Europe sur fond de rivalité historique. L’Italie est la bête noire des espagnols. Même en ces temps de faste, les ibériques ne sont plus parvenus à venir à bout des transalpins depuis les années 30 du siècle dernier. Il y a quatre ans, seuls les tirs au but avaient pu départager les deux sélections latines.
Le match s’annonçait intéressant bien avant le coup de sifflet de Viktor Kassai. Les deux sélectionneurs n’ont pas été conformistes en rédigeant leurs feuilles du match : le 3-5-2 de Prandelli devrait se mesurer à un 4-3-3 sans avant-centre, façon Barça. Sur le terrain, l’Italie est gênante. En face, Messi n’est pas de la partie pour s’incruster sur une passe d’Iniesta. Le match se débride petit à petit quand Di Natale mystifie Casillas après un raid héroïque de l’intarissable Pirlo. Les spectateurs ont à peine le temps de se projeter dans l’hypothèse de la victoire des Azzurri quand Silva déflore la charnière italienne d’une passe lumineuse vers un Fabregas ne se posant pas de questions face à Buffon. Le 1-1 est finalement le score idéal pour sanctionner une opposition aussi équilibrée.

L’Italie était également présente dans l’autre match de la soirée. L’éternel Giovanni Trapattoni mène une Irlande fière de sa deuxième participation depuis 88. La Croatie, à l’image de la Russie, avait laissé quant à elle une bonne impression en 2008 avant de rater le vol vers l’Afrique du Sud deux ans plus tard. Face au kick & rush à l’état pur des irlandais, les poulains de Slaven Bilic ont pu savamment poser leur jeu, aidés en ce sens par le subtil Luka Modric. Le brin d’espoir suscité par la tête énergique de St Ledger ne fait au final pas le poids face au doublé de Mandžukić. 3-1. La Croatie peut attendre l’Italie d’un pied ferme.

Avec Benzema, mais sans 9... Heureusement que Sheva est là!

Choc de générations milanistas
Derniers 100 mètres de ce premier tour de piste. France-Angleterre. Impossible de ne pas évoquer ce 13 juin 2004. L’Estadio da Lùz de Lisbonne voit Zidane renverser le score dans les deux dernières minutes face à des Anglais désabusés. C’était également lors de l’entame de la compétition. Et comme Lampard huit années plus tôt, Joleon Lescott ouvre le score sur une tête magistrale. Les Bleus, sonnés depuis le début du match, parviennent tout de même à égaliser par le biais d’un Nasri affuté. Les français maîtrisent le reste d’une rencontre au rythme très lent et ressortent du Donbass Arena avec un goût d’inachevé. A Kiev, les locaux s’étaient jurés de battre des suédois pas faciles à bouger. Ibrahimović impose son aura physique sur la rencontre avant d’ouvrir le score quelques minutes après la reprise. C’était sans compter sur un revenant. Andriy Shevchenko entretenait depuis belle lurette ce doux rêve de jouer cet Euro chez lui, même à 36 ans. Mais celui qui faisait trembler les terrains des quatre coins d’Europe ne pouvait pas se contenter d’un rôle d’invité d’honneur. Comme au bon vieux temps où il portait l’Ukraine sur ses épaules, Sheva inscrit deux buts de la tête et lance idéalement son pays.

Cette première journée a annoncé la couleur. L’Euro est tel un chocolat concentré à 99%. Massif, intense, dur et extrêmement bon.